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Nouvelle

Fenêtre sur l’universalité du théâtre...

Cadre magnifique, infrastructures de qualité, organisation au taquet, programmation diverse et variée, moyens techniques incroyables: voilà le tableau que je peux brosser de ce Mondial du théâtre qui en est déjà à 18e édition.

01.09.2025

Fenêtre sur l’universalité du théâtre...

Comme l’Assemblée Générale du CIFTA s’est déroulée pendant cet évènement, nous (la délégation suisse) en avons profité pour aller voir les spectacles au programme durant ces trois jours. Bien nous en pris, car la qualité et la diversité étaient au rendez-vous. Le premier soir, les États-Unis, Cuba et la Slovaquie. One upon a street nous emmenait dans les rues sales de New York, théâtre de la vie quotidienne des protagonistes. Pas besoin de mur pour se sentir en prison. Malgré tout, l’humour reste présent pour supporter les difficultés de la vie. Changement de cadre et départ pour Cuba, où Yarini, tragédie grecque qui explore la figure du proxénétisme à Cuba mais inspirée de la culture populaire, nous entraîne jusqu’à la mort de cet homme de pouvoir par excellence, qui restera immortel dans les mémoires d’un peuple qui fera de lui un mythe. In God we trust clôturera cette première soirée. C’est une véritable expérience, sensorielle, à la fois visuelle avec des lumières tremblantes, des bougies olfactives, des odeurs d’encens, et auditive, portée par un mélange d’instruments. Cette pièce dresse le portrait de l’individu et de l’Etat qui ont usurpé le droit divin de décider de la vie et de la mort. Trois thèmes forts pour cette première soirée qui donneront à réfléchir. Deuxième soirée, Italie, Colombie et Royaume-Uni, qui s’avérera être plus «légère». Maladie d’amour : Le tic-tac de la machine à écrire et les notes du violon sont la bande originale de cette œuvre. Deux jeunes artistes qui se connaissent, s’aiment et décident d’unir leurs cœurs, leurs vies, leurs rêves. Sans un mot ils nous ont raconté leur amour avec délicatesse. Pas besoin de belles paroles. C’est léger, simple, émouvant. Un véritable ravissement. Puis le carnaval de Barranquilla s’est invité à Monaco avec La muerte no triunfa aquí. Costumes flamboyants et chatoyants, danses latines entraînantes, clins d’œil complices au public, à savoir une vraie ambiance festive, malgré la mort qui rôdait. Puis l’agent 007, sans parole, est entré en scène. Dans A Man of no importance, ce James Bond a fait de la tyrolienne, nagé avec des requins, sauté en parachute, et autres actions spectaculaires. En mettant par hasard le doigt sur un complot un simple agent d’entretien se retrouve propulsé au rang d’agent secret. Malgré ses maladresses il s’en sort étonnamment bien, faisant preuve d’un véritable héroïsme. Un moment de divertissement jubilatoire. Troisième et dernière soirée en compagnie de l’Espagne et du Japon, la République Centrafrique n’ayant pas obtenu les visas nécessaires. (Yo soy) nAnAqui : titre étrange pour une pièce très sombre qui narre la vie d’Antonin Artaud, auteur du célèbre théâtre de la cruauté. Une vie écorchée dès la naissance qui le conduit à des traitements par électrochocs dès son plus jeune âge, puis divers autres traitements médicaux, s’assimilant plus à de la torture qu’à autre chose. Un voyage brutal mêlant cauchemar et folie. Une réflexion sur la santé mentale. Et dernier spectacle pour nous, avec une représentation japonaise dansée de La casa de Bernarda Alba. Mouvements sublimes, élégants, subtiles, poétiques et sauvages à la fois. Un théâtre-ballet très apprécié du public qui aurait aimé en voir plus. Petite particularité de cette représentation, le rôle de la mère était tenu par un homme, car nous apprenions lors du colloque que dans la culture japonaise le caractère de ce personnage ne saurait être tenu par une femme, car beaucoup trop ‘dictatorial’. Une fin en apothéose qui nous a laissés sur notre faim, car nous aurions bien aimé voir l’autre moitié de ce Mondial. Et oui, il restait encore neuf spectacles au programme. Peutêtre pour la prochaine fois, dans 4 ans ! Janine Constantin Torreblanca

De haut en bas: A man of no importance par Scrambled Egg Company (Royaume-Uni) Maladie d’amour par Armathan APS (Italie) Out of mind par Dargaville Little Théâtre (Nouvelle-Zélande) La muerte no triunfo aqui par Teatro Actores de Barranquilla (Colombie) A g.: 13th of september par BOGT Philippines

Plus d’images sur le lien suivant: https://www.flickr.com/photos/152935197@N03/albums/

Paru dans N° 3/2025 — septembre, page 8.