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Nouvelle

Gros plan sur...

Souvenirs marquants

01.09.2025

Gros plan sur...

En quarante ans d’existence, la troupe a accumulé un répertoire impressionnant. Plus de cinquante spectacles ont vu le jour, dont plusieurs écrits par des membres de la troupe comme Samuel Corminboeuf, Bertrand Dubey, ou encore Emmanuelle Délez… En 2002, Ludimania se frotte au Caligula d’Albert Camus. « Un spectacle trash, version AC/DC, magnifique, mais qui nous aura fait perdre la moitié de notre public ! », plaisante Bertrand Dubey. En 2008, la troupe choisit Pouic-Pouic de Jacques Vilfrid. Problème : le texte est introuvable. Qu’importe ! Le fils de Raphaël Delley se propose pour retranscrire les dialogues du film. Après un long travail devant le magnétoscope, c’est chose faite !

2013 est également une année à marquer d’une pierre blanche avec la création de Du vent dans les branches de sasafras de René de Obaldia : un décor grandiose, trois heures de spectacles, sous la direction d’Yves Loutan... Un beau souvenir pour la troupe. Trois ans plus tard, ces théâtreux amateurs se placent sous la direction de Jean-Charles Simon pour monter Les Brèves de comptoir de Jean-Marie Gourio ; une belle expérience et un privilège pour tous les comédien.ne.s que de partager la scène avec ce monstre sacré de la scène romande (et accessoirement citoyen de Domdidier !).

pour la troupe. L’inactivité forcée avait découragé bon nombre de nos membres. La troupe a mis un certain temps pour se remettre de cet événement. »

Un 40e anniversaire sous le signe de la jeunesse et du dynamisme

Aujourd’hui, la troupe s’est requinquée et ses 25 membres ont retrouvé la flamme. Ludimania s’apprête donc à fêter ses quarante printemps en mettant sur pied Arsenic et vieilles dentelles de Joseph Kesselring, une pièce que la troupe avait failli monter deux décennies plus tôt. La mise en scène sera assurée par Bertrand Dubey, l’un des piliers de la troupe, et accessoirement papa de l’actuelle présidente. « Je n’ai jamais poussé particulièrement mes enfants à faire du théâtre et à s’engager dans la troupe. C’est venu naturellement… Je suis heureux de voir que la nouvelle génération s’engage et reprend le flambeau. » Et Raphaël Delley

de rajouter : « D’ailleurs c’est la première fois cette année que le comité ne compte plus aucun membre historique de la troupe dans ses rangs... Certes, nous sommes toujours là, nous les anciens, si le comité a besoin d’un conseil ou d’un coup de main, mais ce sont eux qui décident et qui mènent la barque ! » Formée aux responsabilités dans le cadre de la Jeunesse villageoise, la jeune Marina Dubey, pas encore trentenaire (!) et déjà présidente, est confiante pour l’avenir : « C’est agréable de pouvoir compter sur nos prédécesseurs. A nous de faire nos preuves et de justifier la confiance qui a été mise en nous… »

Rendez-vous donc en octobre pour Arsenic et vieilles dentelles, le spectacleanniversaire des quarante ans de Ludimania (v. agenda p. 20). Bon vent à la troupe, et maintenant… cap sur le demisiècle !

J.M.

Le Covid-19 est aussi passé par là...

En 2020 par contre, Ludimania subit de plein fouet le Covid-19. Le projet de spectacle, Les insoumis, une pièce sur la fin de vie, est stoppé net et la troupe doit attendre 2022 pour reprendre ses activités avec des effectifs réduits. Marina Dubey, présidente : « Ce fut un passage difficile

2013: Du vent dans les branches de sassafras de René de Obaldia (mise en scène: Yves Loutan)

La Visite de la vieille dame, une belle idée remisée dans les tiroirs... vraiment?

2008: Pouic-Pouic de Jacques Vilfrid (mise en scène : Raphaël Delley)

2018: Place de l’horloge de Gérard Levoyer (mise en scène : R. Delley & B. Dubey)

Pour ses 25 ans, la troupe fait le projet de monter La visite de la vieille dame de Dürrenmatt. Comme pour La guerre du gravier 15 ans auparavant, l’idée est de jouer la pièce en plein air, cette fois-ci dans le décor naturel de la gare CFF de Domdidier. Le concept est le suivant : interrompre la ligne CFF Avenches - Payerne pendant la durée du spectacle et remplacer les trains par des bus, faire arriver les comédiens en gare de Domdidier dans un train à vapeur, train qui irait tourner à Payerne et reviendrait en fin de spectacle reprendre les comédiens. Les premiers contacts sont positifs, Raphaël Delley a même trouvé le train à vapeur et un sponsor pour financer sa venue et son utilisation. Des contacts sont aussi pris avec le Centre Dürrenmatt de Neuchâtel pour présenter un parcours didactique sur le site du spectacle. Tout semble bien se présenter, mais voilà, la troupe peine à constituer un comité ad hoc, prêt à s’engager à fond pendant plus d’une année pour mener à bien ce projet pharaonique… Le soufflé retombe donc et le projet est rangé dans les placards, en attendant des jours meilleurs…Raphaël Delley : « Aucun regret de mon côté, c’était une belle idée qui aurait pu voir le jour, mais il fallait un engagement qui dépassait les capacités de la troupe à l’époque. Mais, qui sait, c’est un projet que je pourrais ressortir du tiroir, quand je serai à la retraite… » (sourire de l’intéressé). Pour les 50 ans peut-être ? (réd.)

Paru dans N° 3/2025 — septembre, page 16.