«Ludimania» (Domdidier): La fureur de jouer depuis 40 ans!
GROS PLAN SUR...
01.09.2025 Jacques Maradan
Par une belle soirée d’août, je débarque à Font, charmant village de la rive fribourgeoise du lac de Neuchâtel, pour y rencontrer les représentants de la troupe Ludimania de Domdidier, afin d’évoquer le parcours passionnant de cette troupe qui fête en cette année ses quarante ans d’existence. Autour de la table, Raphaël Delley, fondateur, Bertrand Dubey, membre des premières heures, et Marina Dubey, jeune et dynamique présidente. Ils ne sont pas trop de trois pour me faire découvrir l’histoire de la troupe broyarde, parler des moments marquants, rire à l’évocation de tel bon souvenir ou de telle anecdote savoureuse… Je vais donc essayer de vous faire revivre ce magnifique parcours, tout à l’honneur du théâtre amateur de notre coin de pays.
1984, Raphaël Delley arrive à Domdidier, diplôme d’enseignant primaire en poche. C’est dans ce gros village de la Broye fribourgeoise qu’il va entamer sa carrière d’instituteur, et, comme souvent à l’époque, les autorités communales lui demandent de s’investir dans la vie des sociétés locales. On lui propose soit de remettre sur pied le mouvement scout, soit de relancer la société de théâtre. Son choix est vite fait : ce sera le théâtre. En effet, Raphaël a déjà une certaine expérience dans le domaine ; il a suivi l’option théâtre au cycle d’orientation et à l’Ecole Normale, et déjà assuré la fonction d’assistant metteur en scène sur plusieurs spectacles.
Il demande toutefois un petit délai, le temps de prendre en main son nouveau job d’enseignant. Mais, dès l’année suivante, il se lance donc dans la création d’une nouvelle société de théâtre, recrutant les jeunes du village qui venaient de terminer leur cycle d’orientation.
Rapidement, le noyau de la future troupe se constitue et la société est portée sur les fonts baptismaux avec le doux nom de Ludimania, soit, en latin, la folie ou la fureur du jeu : tout un programme !
Et ça démarre sur les chapeaux de roue avec, dès le printemps 86, un premier spectacle constitué de deux pièces, A nous les copains de Pierre Thareau et Chauve qui peut de Frédéric Laurent. La troupe s’installe dans la grande salle de l’auberge du Lion d’Or à Domdidier. « Le local était mis à disposition gratuitement par le tenancier » explique Raphaël Delley, « mais tout était à faire. Nous empilions plusieurs centaines de palettes pour construire une scène sur laquelle nous posions le pont de danse d’habitude utilisé pour la Bénichon. Pour accéder au local qui nous servait de loge ou pour changer de décor, nous devions passer par une des fenêtres… ! » L’enthousiasme des débuts renverse les montagnes ; la petite équipe se charge de
Photos: Ludimania
tout installer, avec les moyens du bord. « Nous avions commandé un rideau de scène à un artisan du village » raconte Bertrand Dubey. « Quelle ne fut pas notre surprise lorsqu’il nous l’amena avec la facture estampillée ‘acquitté’ ! Nous l’avons fixé nous-mêmes, comme le matériel d’éclairage, en perçant allègrement dans le plafond sans nous méfier qu’au-dessus il y avait le grenier. C’est ainsi qu’une porte entreposée là-haut s’est retrouvée avec un judas mal placé et que le canoé du tenancier n’était plus très étanche… ».
Des comédies à la fresque historique
Premier spectacle, et déjà un premier succès… La troupe remet le couvert à l’automne 86 avec une nouvelle soirée théâtrale, puis s’installe dans le rythme d’un spectacle par année, essentiellement des comédies et quelques pièces policières comme La perruche et le poulet (Robert Thomas - 1989) ou Piège pour un homme seul (Robert Thomas - 1991).
Paru dans N° 3/2025 — septembre, page 14.