Volkstheaterfestival: vers un festival définitivement multilingue...
FESTIVALS Meiringen 18-22 juin 2025
01.09.2025 Michel Préperier
Cette année, le comité d’organisation du Volkstheaterfestival a fait fort. Par une météo des plus favorables, ce ne sont pas moins de huit troupes, dont une romande, qui se sont présentées au jury du festival, et trois troupes dont deux romandes au festival off. Les organisateurs du festival se sont lancés le défi de faire se côtoyer en concours des troupes dans les quatre langues nationales. Pour un premier essai en bilingue (allemand et français) cette année, le constat est plutôt positif. Dépasser les barrières linguistiques c’est aussi savoir apprécier un spectacle même si l’on ne comprend pas la langue.
Nos collègues alémaniques ont décidé cette année de passer à l’électronique ; les spectacles, les repas, les cérémonies et les cours étaient réunis dans une application (Ticketpark) sur téléphone portable. Cela permettait de faire son programme personnel et surtout les organisateurs connaissaient en temps réel le nombre de spectateurs par salle et pouvaient ainsi libérer immédiatement des places si des personnes se désistaient au dernier moment. La logistique (boissons et repas) se trouvait également facilitée, en évitant des manques ou des surplus inutiles.
Le Volkstheaterfestival, c’est un village du festival posé au milieu d’une rue avec tenterepas et tables, entourées par des chalets avec le shop du festival, une association (Amathea) qui présente le théâtre amateur, les deux éditeurs de suisse et l’office de tourisme, bref, une ambiance bonne enfant, très communautaire et conviviale, un grand mélange culturel et culinaire. Tout le monde a le sourire, on se salue et on ne parle pas de politique mais bien de théâtre d’amateurs, des spectacles vus ou des cours qu’on vient de suivre. Chacun fait un petit effort et on se comprend (même avec quelques mots), sans aucun fossé.
Mais revenons au programme qui débutait le mercredi 18 juin par la cérémonie d’ouverture. Les trois coups retentirent sur l’estrade, grâce au brigadier du Théâtre Amateur Suisse, pratique importée de la Romandie et qui plait à tous les spectateurs présents. Le président du comité d’organisation, Thierry Ueltschi, souhaita la bienvenue à tous : autorités de Meiringen, comité d’organisation, membres du jury, bénévoles, membres des troupes
présentes et spectateurs. Puis il cèda la parole à deux amis proches du regretté Hannes Zaugg Graf qui fut l’un des piliers du VTF. Déplacement ensuite à la « Trammhalle », effectivement une halle de Tram équipée en salle de spectacle de 250 places pour le premier spectacle, Grabuge dans l’escalier présentée par le Theatergrouppe de Bremgarten, une comédie de Jens Exler, suivie de Trois c’est deux de trop (La Dame du 13) présenté par la Dramatischer Verein de Diesldorf, une comédie d’Alex Varlan.
Les trois jours suivants, ce sont encore six spectacles qui affrontèrent le jugement du jury :
Jeudi 19 juin : Les Garagistes présenté par le Theatergruppe Oberägeri, une comédie d’Olivier Grawehr, suivie de Lumière au gaz présenté par le Zytglogge Theater Bern, psycho-thriller de Patrick Hamilton.
Vendredi 20 juin : Les sœurs Donahue présenté par la compagnie Les DispARaTes (Neuchâtel), suivie de Les Temps heureux présentée par le Georgsbühne Art, une comédie d’Alan Ayckbourn.
Samedi 21 juin : Retraite - Libre de Stress en 5 jours par le Zytglogge Theatergesellchaft Bern, une comédie de Livian Anne Richard, suivie de Le dieu du Carnage (Carnage) présenté par la Theatergesellschaft Horw, une comédie noire de Yasmina Reza.
Avant de passer au palmarès, quelques mots sur le festival off, qui se déroulait dans le cinéma réaménagé en salle de théâtre. On débuta avec une troupe de jeunes du Jungendtheater Turgi avec Pris au piège – Coincé comme un rat dans une mise en scène de Katrin Janser, texte des acteurs.
Le Zytglogge Theater Bern lors de la réception de la grande Meringue d’Or, récompense pour le meilleur ensemble 2025 avec son spectacle Gasliecht.
Photos: VTF - Les Disparates - M. Préperier
La mode est là. Est-ce que tu nages avec? Le cercle infernal est en marche. Est-ce que tu cours avec eux ? Qui ou quoi est la proie ? Dans un monde qui tourne de plus en plus vite, on se sent souvent prisonnier. Est-il possible de s’évader et de se débarrasser de ces chaînes invisibles ? Ou ne reste-t-il rien d’autre à faire que de s’y résigner ? Une jeune troupe très dynamique, un décor très sombre, des accessoires lumineux, et voilà que la magie agit. Pas besoin de mots pour comprendre l’enfermement dans cette vie qui va toujours plus vite et toujours plus exigeante. Le public séduit leur a fait une ovation.
La bonne planque de Michel André, par l’Aarethéatre de Berne, en français, troupe FSSTA. Pour impressionner Lulu, Émile se retrouve avec elle lors d’un cambriolage - mais lorsque la fuite échoue, ils se cachent dans l’appartement d’Antoine. Tandis qu’Émile se cache dans le placard, Lulu joue la visiteuse naïve, et Antoine ne se doute pas du jeu. Des quiproquos turbulents, des imbroglios amoureux et beaucoup d’humour donnent lieu à une comédie enlevée, pleine de charme et de comique de situation. Un classique mais quelle bonne prestation devant un public germanophone, qui est subjugué par la maitrise des mots et le rythme de la pièce. Merci Aarethéatre de si bien représenter la FSSTA en pays germanique. Au plaisir de vous revoir au VTF, en concours cette fois-ci?
Hôtel des deux Mondes d’Éric-Emmanuel Schmidt, par le Théâtre Neuf de SaintMaurice, en français, troupe de la FSSTA. Cinq personnes se réveillent dans un hôtel mystérieux - personne ne sait comment elles sont arrivées là ni où elles vont aller. Dans ce
Paru dans N° 3/2025 — septembre, page 10.