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Parole

Julie Annen

INTERVIEW VAGABONDE A la découverte de nos auteurs contemporains...

01.09.2025

Julie Annen

Julie Annen est originaire de Genève. Née en 1980, elle passe son enfance en Suisse, avant de s’installer à Bruxelles pour suivre, de 2001 à 2005, les cours de mise en scène et techniques de plateau à l’Institut National Supérieur des Arts du spectacle (INSAS), dont elle sortira diplômée. C’est logiquement en mise en scène qu’elle fait ses premières armes théâtrales dès 2005. Elle assure également, en parallèle, sur différents projets, les rôles d’assistante, assistante à la mise en scène, chargée de production, etc. Par nécessité d’abord, par goût ensuite, Julie Annen se lance dans l’écriture dramatique, tout en poursuivant son travail de mise en scène. Elle s’attaque d’abord à la traduction et à l’adaptation (La Tempête de Shakespeare, Messieurs les enfants de Daniel Pennac) puis s’engage dans une écriture originale avec Ceux qui courent, créé à Lausanne en 2009. Elle est l’auteure d’une dizaine d’œuvres, dont quelques-unes sont déjà éditées. Fondatrice puis codirectrice artistique de PAN! (La Compagnie) en Belgique, elle fonde en 2015 la compagnie suisse Rupille 7 avec laquelle elle s’engage dans la création et médiation culturelle avec une attention particulière aux publics les moins accessibles.

ECJ ● Qu’est-ce qui vous a amené à l’écriture théâtrale ?

Je suis arrivée à l’écriture par nécessité. Je ne parle pas de cette nécessité de création, mais très bêtement pour des raisons d’argent: je voulais monter La tempête et les droits à verser en acompte pour utiliser la dernière traduction en date étaient trop élevés. Du coup j’ai décidé de retraduire et d’adapter la pièce moi-même. Ensuite un théâtre m’a passé une commande pour un premier texte. Puis, j’ai dû écrire le texte d’une de mes créations et ensuite ça s’est enchaîné jusqu’à ce qu’écrire prenne de plus en plus de place et devienne, pour le coup, une nécessité artistique.

ECJ ● Que représente le théâtre pour vous ?

Le théâtre reste pour moi une grande plaine de jeux. Un espace où l’imaginaire et le réel s’entrechoquent pour créer de nouvelles versions du monde. Un lieu ludique, un espace de liberté et de responsabilité, l’endroit où la parole prend corps et inversement.

ECJ ● Quels auteurs sont des exemples pour vous ? A contrario, y a-t-il des auteurs dont vous n’appréciez pas du tout le travail ?

J’ai été et je reste une grande fan d’Heiner Muller. Pour le reste, je lis presque tout avec le même plaisir de découvrir un univers et une langue. Même si tous les textes ne me transportent pas de la même façon.

ECJ ● Avez-vous des thèmes qui vous tiennent à cœur ?

J’en ai beaucoup… et ça change en fonction de ce que je vis et de l’actualité. Mais je tourne toujours un peu autour des liens familiaux il me semble.

ECJ ● Pour qui écrivez-vous ?

Principalement pour un public familial, donc pour le jeune public. Mais j’écris aussi des pièces pour les adultes, plus documentaires, plus violentes aussi.

ECJ ● Lorsque vous découvrez votre texte joué par des comédiens, quels sentiments cela déclenche-t-il chez vous ? Comment un auteur vit-il le passage du texte à la scène ?

Je suis souvent émue quand les mots qui étaient dans ma tête résonnent juste au plateau. Et je suis toujours très impatiente de voir comment le texte va bouger et se transformer une fois mis à l’épreuve de la scène. Ça coupe, ça adapte, ça remanie: c’est grisant.

Paru dans N° 3/2025 — septembre, page 12.