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Yasmine Char

INTERVIEW VAGABONDE A la découverte de nos auteurs contemporains...

01.12.2025

Yasmine Char

Née d’un père libanais et d’une mère française, Yasmine Char a vécu au Liban jusqu’à 25 ans. Après des études bilingues dans un lycée franco-libanais et l’obtention d’une licence en lettres, Yasmine Char quitte le Liban pour l’étranger où elle travaille dans l’humanitaire. La trentaine venue, elle s’installe en Suisse et obtient un diplôme en gestion culturelle à l’Université de Lausanne. Elle travaille au Théâtre de l’Octogone à Pully en qualité d’administratrice, avant d’en reprendre la direction en janvier 2010. Yasmine Char commence par écrire deux pièces de théâtre: Les grandes gueules et Souviens-toi de m’oublier, huis clos évoquant l’histoire de Mona, brillante journaliste idolâtrée par son époux, qui, se sachant atteinte par un mal incurable, choisit de disparaître dans la dignité, plutôt que d’affronter la dégradation. Cette pièce a été créée à Paris en 2001, avec Caroline Tresca dans le rôle principal. En 2004, Yasmine Char publie A deux doigts aux éditions Favre et La main de Dieu chez Gallimard en 2008. Avec ce dernier roman elle est lauréate du premier « Roman des Romands » (attribué par des élèves de différents gymnases de villes romandes), du Prix du Premier Roman du Touquet Paris Plage, du Prix Landerneau du Prix Alain-Fournier. Elle est également lauréate des Coups de cœur Lettres frontière 2009. Un deuxième opus, Le Palais des autres jours, est sorti en 2012. et un troisième, L’amour comme un empire, en 2023.

(source: https://romandesromands.ch/)

ECJ ● Qu’est-ce qui vous a amené à l’écriture théâtrale ? Un heureux concours de circonstances. Je venais d’être engagée à l’Octogone pour la communication et m’en sortais plutôt bien du point de vue rédactionnel. Je fais la connaissance de Sara Gazzola, alors directrice et metteuse en scène du Théâtre des Jeunes de Pully qui est à la recherche d’un.e auteur.e pour sa prochaine création, une comédie musicale. On discute de son projet autour d’un café et soudain, de but en blanc, elle me propose d’en rédiger le texte. Le scénario qu’elle avait co-écrit avec Sean Ferrer était prêt. J’aimais déjà tout dans le théâtre. J’ai dit oui tout de suite ! Jusque-là, je n’avais écrit que pour la presse et la perspective de me frotter à quelque chose de nouveau était super motivante. C’est ainsi que ma première pièce, Un Noël d’Enfer, a vu le jour en 1996.

ECJ ● Que représente le théâtre pour vous ?

Le lieu de toutes les consolations. Je suis consciente que la réponse est grandiloquente, mais elle me vient spontanément.

J’aime le théâtre qui débat de la condition humaine, qui parle de nous, de nos émotions, qui fait réfléchir et tente d’apporter des réponses. Parfois c’est libérateur et parfois, c’est contraignant. En entrant dans une salle de théâtre, il y a comme un pacte de confiance qui se noue entre le public et les interprètes sur scène où chacun se promet d’être à l’écoute de l’autre. De toutes ces sortes d’écoute, il me semble que quelque chose peut éclore qui est de l’ordre de la consolation ou de l’apaisement si vous préférez. De la joie pure. Une beauté qui fait du bien.

ECJ ● Quels auteurs sont des exemples pour vous ? A contrario, y a-t-il des auteurs dont vous n’appréciez pas du tout le travail ?

J’admire beaucoup d’écritures différentes qui ont pour point commun de provoquer un trouble puissant et durable. Yasmina Reza, Florian Zeller, Jon Fosse m’émerveillent. Dans un registre plus mythologique, Wajdi Mouawad me sidère. Et puis,

Paru dans N° 4/2025 — décembre, page 7.