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Nouvelle

Zoom sur...

01.12.2025

Zoom sur...

place dans l’humour à l’époque où ce milieu, dit-il, était « un autre monde, bien avant l’explosion du stand-up. » Mais il ne s’inquiète pas plus que ça de l’expansion de ce nouveau ressort comique. Ses droits d’auteur représentent même une part importante de son escarcelle : « Comme j’écris beaucoup, ça peut représenter jusqu’à la moitié de ce que je gagne, je dirais entre 20% et 50%, selon les années. » Pour Pascale Rocard, scénariste, autrice et comédienne naviguant allègrement entre la radio, la scène et l’écran depuis la fin des années 1970, « la perception des droits d’auteur représente un apport financier important, surtout quand j’écris une pièce de théâtre. »

« La perception des droits d’auteur représente un apport financier important, surtout quand j’écris une pièce de théâtre » Pascale Rocard

Figure de la danse contemporaine, Philippe Saire nuance un peu : « Pour moi, il s’agit d’un revenu accessoire plutôt modeste ». Mais il y a une exception : LE « hit », sa pépite jeune public Hocus Pocus qui, d’un coup de baguette magique, a dépassé les 400 représentations. « Quand une pièce tourne beaucoup, les gains peuvent s’avérer non négligeables », souligne le fondateur et ancien directeur du Théâtre Sévelin 36 à Lausanne. Pour Julietta Korbel, scénariste et réalisatrice diplômée de l’ECAL en 2019, les rentrées, bien qu’irrégulières, font du bien : « Tout à coup, je perçois des droits pour une diffusion quelque part, et à chaque fois c’est une belle surprise ! » Là encore, les chiffres parlent d’eux-mêmes : la SSA enregistrait 3 millions de francs de chiffre d’affaires lors de son premier exercice... et un zéro de plus en 2024, soit 30 millions.

Combats et victoires

Malgré cet essor, l’histoire de la SSA n’a rien d’un long fleuve tranquille. A sa tête depuis le 15 novembre 2011, Jürg Ruchti déroule la pellicule des combats successifs dans le domaine audiovisuel. Premier épisode : l’émergence de la gestion collective obligatoire a entraîné un conflit avec Suissimage – l’autre société suisse de gestion des droits d’auteur dans le domaine audiovisuel – qui s’est achevé sur la conclusion d’un

© Vincent di Silvestro Avec l’aimable autorisation de l’auteur

accord de collaboration, après une médiation difficile. Deuxième épisode : l’introduction dans la loi d’une rémunération sur la fabrication et l’importation de supports vierges destinés à des enregistrements pour un usage personnel. Troisième épisode : le droit à la rémunération pour la vidéo à la demande – quelque 2,5 millions annuels à la clé, selon les premières estimations. Et la série continue, avec la votation à venir sur la redevance de la SSR et, bien sûr, le tsunami de l’intelligence artificielle.

Dans les arts de la scène, il a fallu adapter les dispositifs de soutien à l’éclosion de nouvelles formes. « Au fil des années, nous avons étendu et diversifié notre éventail d›actions de soutien, de bourses et de concours », note Jürg Ruchti. Il

La SSA ayant été fondée en novembre 1985, l’année 1986 représente son premier exercice complet.

Paru dans N° 4/2025 — décembre, page 11.